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  • Le complexe militaro-industriel: quand la guerre devient une nécessité du capital

    Dans son discours d’adieu de 1961, Dwight D. Eisenhower alertait ses concitoyens contre l’ascension du complexe militaro-industriel. Son message est souvent cité comme un rappel à la vigilance démocratique. Pourtant, plus de soixante ans plus tard, il mérite d’être lu autrement : comme le diagnostic précoce d’un système économique et politique qui allait progressivement faire de la guerre — ou de sa préparation permanente — un élément central de sa stabilité.

    Le complexe militaro-industriel n’est plus aujourd’hui un simple outil de défense. Il constitue un secteur économique à part entière, profondément intégré à la croissance américaine. Budgets militaires colossaux, contrats publics garantis sur plusieurs années, réseaux industriels étendus, millions d’emplois directs et indirects : une part significative de l’économie dépend désormais de la vitalité de ce secteur.

    Dans ce contexte, la question n’est plus seulement stratégique ou sécuritaire. Elle devient économique. La croissance, l’emploi et parfois même la stabilité sociale de certaines régions sont étroitement liés à la continuité — voire à l’augmentation — des dépenses militaires.

    Cette dépendance produit une conséquence rarement formulée explicitement : une paix durable peut devenir économiquement déstabilisante. Elle réduit les budgets, ralentit la production, fragilise des filières entières et met sous tension des territoires dont l’activité repose sur l’industrie de défense.

    À l’inverse, les crises internationales, les tensions géopolitiques et les interventions extérieures agissent comme des stimulateurs économiques indirects. Elles justifient des investissements massifs, activent des chaînes industrielles complètes et consolident le poids politique des acteurs liés à la défense.

    L’opération américaine controversée visant le président vénézuélien Nicolás Maduro illustre ce mécanisme. Au-delà des justifications officielles — sécurité, stabilité régionale, défense de la démocratie —, l’intervention s’inscrit dans un cadre où l’usage de la force devient une réponse fonctionnelle, compatible avec les intérêts économiques dominants.

    Il ne s’agit pas nécessairement d’une volonté consciente de « faire la guerre pour faire la guerre ». Le danger est plus subtil. Lorsqu’un système économique s’organise autour d’un secteur dont la prospérité dépend de la conflictualité, il tend à reproduire les conditions qui rendent ce secteur indispensable.

    La menace devient permanente, l’ennemi change de visage, la tension ne retombe jamais complètement. La guerre cesse d’être une exception tragique pour devenir une variable de gestion, un horizon implicite permettant de maintenir la dynamique économique.

    C’est ici que l’avertissement d’Eisenhower prend toute sa portée. Le problème n’est pas seulement moral ou juridique. Il est démocratique. Lorsque des choix de politique étrangère sont étroitement liés à des impératifs économiques majeurs, le débat public se trouve biaisé. Certaines options — désescalade, retrait, réduction drastique des budgets militaires — deviennent politiquement coûteuses, voire impensables.

    La démocratie continue d’exister formellement, mais ses marges de manœuvre se réduisent. Les décisions majeures sont prises dans un cadre où la priorité n’est plus seulement la sécurité ou la paix, mais la préservation d’un équilibre économique devenu dépendant de la militarisation.

    Le complexe militaro-industriel n’a pas simplement « pris trop de place ». Il est devenu un élément structurel du modèle américain contemporain. Tant que la croissance, l’emploi et la stabilité économique resteront liés à la préparation ou à l’usage de la force, la tentation de la confrontation restera forte — indépendamment des discours officiels.

    La question posée par Eisenhower demeure donc entière, mais elle doit aujourd’hui être formulée plus crûment :
    Peut-on durablement défendre la paix lorsque la prospérité dépend, même indirectement, de la guerre ? 

    Poser la question est déjà y répondre un peu (beaucoup)!

  • Crise sanitaire et futur parcellaire

    A tou.te.s ce.ux.lles qui possèdent toujours la capacité de refoulement nécessaire, les empêchant probablement de réfléchir, et pour le coup, de réagir avec l’égoïsme primaire de tou.te.s ce.ux.lles qui n’ont rien dit et encore moins fait…

    Afin d’éviter l’écueil de la pensée unique visant à diviser pour encore mieux régner, évitons d’argumenter stérilement dans ce dialogue de sourds qui s’est installé, car pour comprendre la gestion politique de cette crise sanitaire, chaotique en surface et très bien ordonnée dans sa partie immergée, il est important, voire urgent de poser la question « A qui profite le crime ?! ». Point d’idéologie à ce stade, rien que des faits et les tendances qui résultent de ces faits et générant de nouvelles exceptions qui risquent bien de devenir les nouvelles normes…

    Afin de saisir l’ampleur et la violence des conséquences de cette énième crise capitaliste, reportons nous à deux ans avant la pandémie. Point de gouvernement, mais un patronat et une extrême-droite  faiseu.r.se.s  de roi et reine, une « opposition » socio-démocrate servant d’idiot utile et accompagnant servilement le désastre annoncé…On nous sert de la crise économique, écologique, financière à toutes les sauces et les gilets jaunes commencent à peser sur les inconsciences les plus affutées…du coup presque tous les Etats ont choisi d’avoir recours à la force et glissent de plus en plus vers un parlementarisme autoritaire! Les attaques concertées du patronat et des gouvernants contre tous les acquis sociaux risquant de freiner la marche victorieuse d’un capitalisme moribond, vers ce qui devrait devenir la « (Toute) Nouvelle Economie », celle sans pétrole.

    Il s’agit bien ici d’une contre-révolution bourgeoise (encore une) ayant pour objectif l’affaiblissement du corps politique et social, afin de se prémunir des aléas d’une transition économico-écologique qui s’annonce dure et violente.

    La gestion capitaliste et ultra-libérale de cette crise « sanitaire » a démontré avec quelle facilité hallucinante des masses apeurées sont prêtes à sacrifier sur l’hôtel de leurs égoïsmes et lâchetés les quelques protections collectives et individuelles que ce système leur offre encore. Sans ces réactions conciliantes des populations, point d’avancées pour les possédants…et pourtant!

    Il aura suffit d’un peu plus d’un an de confusion, de fatigue et de peur pour modifier nos habitudes de consommation, et pas pour un mieux malheureusement! De pute à cliques à consommateur à claques il n’y avait qu’un pas à franchir et la Co-Vid l’a fait! Un an de confinements de masse sorti tout droit du Moyen-Age auront transformé Bezos en héraut du commerce, le plaçant tout en haut de la chaîne alimentaire et consacrant les GAFA comme les insurmontables éléments d’une nouvelle croissance économique, les héros de l’économie du futur. Merci qui? Merci à tous nos gouvernants, aux laquais et fidèles serviteurs de leurs maîtres de possédants, qui à travers le choix de longues périodes de confinement et d’incertitude, mêlées à une confusion feinte, mais assumée dans leurs choix de distanciation physique, n’auront privilégié et permis une continuité de fonctionnement que pour les secteurs privés, les grands groupes industriels et commerciaux, affaiblissant massivement le secteur informel, culturel et social. Avec des relents de darwinisme social fascistoïde et brutal les décisions prises par nos gouvernants apparaissent de plus en plus pour ce qu’ils sont en réalité: l’imposition de choix politiques favorisant encore plus les riches et prétendant poser les rails vers une économie faite de Gafa, Pharma et manipulation de masses…

    Pour qui « l’ubérisation » de la société n’était qu’un trait d’esprit grognon et islamo-gauchiste sera puni et devra recopier 100 fois: Je savais, mais par égoïsme je n’ai rien fait! »

  • TOUT ÇA POUR ÇA !?

     

    Reprendre le travail, alors que ce virus nous aura permis d’enfin inverser un rapport de force dominant-dominé, pour pouvoir se replonger allègrement dans un système dysfonctionnel et injuste…et y ressentir un « ouf » de soulagement reste pour moi un des grands mystères…!!? D’autant plus que chacun.e sait que ce qui nous attend comme « après » risque fort de nous condamner à une dizaine d’années d’austérité et de casse sociale et humaine, conséquence désastreuses de tant de distanciation dite « sociale »…

    L’heure des comptes arrive et croyez-moi la population n’y sera pas préparée avec autant de pédagogie et de psychologie de comptoir que lors des communications gouvernementales « covid », non la claque économique et sociale résultant d’une économie mondiale à l’arrêt pour ses 3/4, on va se la prendre en pleine poire et je crains que ce virus n’aura finalement et fatalement servi qu’à justifier de nouveaux coups de vis sécuritaires et une pression fiscale qui ne pourra aller que crescendo, tellement les fronts entre possédants et exploités vont se durcir lorsqu’il s’agira de décider qui payera pour autant de connerie?!! Car ce que nous devons tous redouter de cette triste conclusion sera le coût financier et humain de tant de folie humaine, folie qui apparaît de moins en moins justifiée une fois que les chiffres définitifs et vérifiés nous démontreront que ce virus n’aura pas coûté beaucoup plus de vies humaines qu’après une saison de grippe particulièrement virulente. Et lorsque sera démontré que finalement peu de choses ne justifiaient cette sur-réaction pour un problème d’ordre sanitaire et de rappeler que Covid n’est pas Ebola…loin de là!

    Ce qui me permet d’étayer en partie mon raisonnement repose avant tout sur les conditions sanitaires sensées préfigurer toute décision politique de déconfinement. La santé d’abord…!!! En royaume de Belgique, une clique de politicards libéraux, avec à la tête une femme issue d’un parti qui a perdu les dernières élections, nous explique donc aujourd’hui qu’en respectant scrupuleusement les consignes de distanciation physique et en PORTANT masques et gants, la situation sanitaire permettrait donc une reprise du travail aussi progressive qu’incertaine. On nous dit donc qu’afin que cela se passe bien, les nouvelles hospitalisations doivent tomber en dessous des 500/semaine (on est toujours plus proche des 1000 que des 500 mais l’espoir fait survivre!), il faut impérativement un système de traçage efficace (il est à ce jour aussi peu fonctionnel qu’il couvre la totalité du territoire) et « last but not least » il faudra tester chaque individu reprenant son emploi, et les capacités de testing sont aujourd’hui insuffisantes dans notre petit et plat pays…

    La santé d’abord qu’on vous dit…!! Donc, grosso modo, mis à part une réduction logique des nouveaux cas, on se retrouve dans quasiment les mêmes conditions sanitaires qu’il y a deux mois. Sauf qu’aujourd’hui les pédagogues de service nous expliquent qu’il ne faut plus avoir peur, après nous avoir enveloppés dans une bulle de panique pendant des mois… Chacun.e jugera de la pertinence de cette réflexion, ce qui est certain en tous les cas, c’est que le 1% se portera bien mieux qu’avant la crise, grâce à toutes les répercussions économiques et à la perte accélérée de droits sociaux et humains des 99% restants. Merci de demander! Il se porte d’ailleurs tellement bien ce 1%, qu’il deviendra bientôt un 0.5% et tout le monde pourra applaudir de tant de fourberie cynique, qui risque d’accoucher d’une période de violence sociale majeur! Tout ça pour ça!

  • CONSCIENCE COLLECTIVE ET LUTTE

    Une des conditions « sine qua non » à toute expérience de conscience collective réside dans la construction et l’organisation de liens sociaux, car nous devons être connectés les un.e.s aux autres, ainsi qu’à notre histoire commune pour en faire l’expérience. Le premier niveau de connexion est d’ordre inter-personnel et émotionnel, le second niveau définit les contextes et vécus partagés. Ne plus « ressentir » l’autre nous prive de l’unique outil efficace et intuitif dont l’humain dispose, à savoir son baromètre intérieur qui l’aide à décrypter toutes ces impulsions « qui viennent du ventre », ces indicateurs innés sur lesquels vient ensuite se poser notre Raison. Avoir confiance en soi signifie en gros accepter son ressenti, son intuition!! D’autres appelleront ça notre côté reptilien et animal. La juste expression de ce ressenti présuppose par la suite l’expression la plus claire possible de toute une palette d’émotions, qu’interprète et nous dicte notre raison. Limiter cette capacité d’expression émotionnelle, et brouiller par ce fait notre capacité à générer du Sens, signifie empêcher, voire l’interdire, aux hommes et aux femmes de faire l’expérience d’un ressenti, ainsi que, par la force des choses, d’un vécu commun.

    Saper ce processus essentiel chez l’humain a été et reste un des objectifs atteint!!) les plus importants du système capitaliste ultra-libéral. Car l’individualisation à marche forcée imposée par une classe dominante, qui elle, semble avoir tirée tous les enseignements nécessaires de l’unique moment où le rapport de force dominant-dominé leur aura été défavorable en tout début de 20ème siècle, aura mené à la seule période où l’expérience d’une véritable conscience collective a découlé sur une réelle et efficace organisation collective. Le peu de droits sociaux et humains à l’époque concédés, en demeurent aujourd’hui les seules et uniques références historiques, démontrant qu’en se reconnaissant des objectifs communs, il y a moyen d’inverser un rapport de force par trop favorable aux dominants.

    Plus d’un demi siècle d’individualisation de la pensée (unique donc!) et de manipulation de masse, principalement grâce à l’utilisation de la publicité et de la télévision, canal de diffusion idéologique qui a entre temps été perfectionné et remplacé par l’internet, réussissant par ce biais à parachever cette individualisation grâce à un ciblage de plus en plus personnalisé…individualisé du spectateur-consommateur ainsi biberonné à l’idéologie consumériste et superficielle capitaliste, ne pouvant plus ni y échapper, ni la refuser…De crises économiques artificielles, en crises sociales recherchées par le pouvoir dominant, l’appauvrissement et l’exploitation encore perfectionnée des couches les plus fragiles de la société en est le premier objectif non-avoué, mais clairement recherché. Pour s’en sortir les travailleu.r.se.s sont de plus en plus souvent obligés de cumuler deux, voire trois emplois mal rémunérés et les rythmes d’exploitation patronaux se rapprochant de plus en plus des rythmes  de travail prévalant avant que nous n’obtenions de haute lutte l’instauration d’outils de protection sociale et de régulation des temps de travail, confisquant à la classe laborieuse, qui soit dit en passant englobe aujourd’hui une bonne partie de la classe dite moyenne, en plus de son énergie, l’élément le plus précieux de tous: le temps! Le temps pour réfléchir et exercer un sens critique, mais également le temps pour débattre, le temps pour s’organiser et finalement le temps pour agir….

    Comme le philosophe Jacques Rançière le décrivit de manière aussi lucide que factuelle dans sa thèse « La nuit des prolétaires », la combinaison de la peur (peur de perdre son boulot, peur de tomber malade, peur de la pauvreté, peur de l’autre, etc.) et du manque de temps (dû aux temps de travail et d’exploitation patronaux) ne font qu’accélérer, voire renforcer un repli sur soi (d’abord moi et les miens devenant seulement moi et les miens) et c’est ici que l’individualisation totale générée par l’absence de système politique au service de la communauté atteint pleinement l’objectif recherché par une classe dominante aux relents de plus en plus fascisants et qui aujourd’hui à travers une violence d’Etat omniprésente et omnipotente, s’immisce jusque dans les derniers recoins de nos sphères privées (dernier exemple le tracking connarovirus): 

    Diviser pour mieux exploiter, diviser pour mieux régner!! C’est vieux comme le monde et le monde n’a toujours pas appris…La captation de toute possibilité de raisonnement collectif, la criminalisation rampante de toute activité politique et de lutte contre le système, couplée à l’absence quasi totale de réflexes collectivistes dans les plus jeunes générations sont le résultat d’une destruction institutionnalisée et obsessionnelle, de tout élément ou contexte favorable à l’éclosion, même embryonnaire de tout expérience de conscience collective, car c’est dans cette conscience collective que se trouve la source du changement!

  • Ce qui a changé!?

    Ce qui a changé!?

    C’est lorsque mon ami Manu m’a dit que le fait que j’aie du mal à retrouver l’envie de vie sociale, au moment où la majeure partie de mes ami.e.s et camarades fêtaient une légèreté retrouvée, venait d’une période de confinement trop longue et que je souffrais probablement du « syndrome de la cabane », c’est-à-dire que je faisais partie de ceux et celles qui vont avoir besoin de temps avent de se réadapter à cette vie d’avant, sociale et sans distanciation d’aucune sorte…Peut-être?

    En tous les cas pour ma part je réalise que certaines choses avaient durablement changé entre la période « avant Co-vid » et le momentum du « vaccin triomphant » que nous vivons actuellement…

    Depuis le début du « déconfinement progressif », l’arrivée du beau temps et des hormones vivifiantes, depuis ce « retour à la normale », j’ai beaucoup de mal à me réconcilier avec l’insouciance générale et un retour dans une société qui semble avoir perdu de vue que les fractures et clivages déjà importants et poussés dans leurs extrêmes par une génération de dirigeants tel que Orban, Trump et autres Bolsonaro, Macron, Johnson (qui depuis plus d’une décennie sont occupés à détricoter les derniers fils du lien social, en s’attaquant de front à la plupart des acquis de la gauche), sont aujourd’hui encore plus béants. 

    La gauche qui peine à se redéfinir comme alternative politique réaliste et durable et dont la faiblesse fait partie intégrante du scénario qui vient juste de se dérouler sous nos yeux ébahis et tellement insouciants, n’aura à aucun moment pu peser sur les orientations plus que droitières et plus que libérales que cette gestion de crise sanitaire nous aura imposé.

    Des millions de réponses individuelles n’ayant jamais réussi à constituer une réponse à un problème résolument collectif, l’option vaccination de masse n’ échappera point à cette réalité pourtant assez facilement compréhensible à mon sens. La vaccination aura au moins permis de juguler la crise « clinique » et à faire baisser le baromètres de l’angoisse et les thermomètres des personnels hospitaliers, il ne manquerait plus que pour 1.7 milliards d’euros la camisole chimique ne ramène pas un peu de sérénité dans nos envies de consommer et vivre « comme avant »…Car du monde d’avant, il apparaît clairement que nous avons tou.te.s surtout repris les anciennes mauvaises habitudes de consommation. Les avions remplis et toutes les destinations exotiques, accessibles à moins de 300 euros, les tongs aux pieds et le sourire du riche, soulagé et vacciné, comme preuve de son soulagement et de sa capacité de faire comme il lui plaît, quand ça lui plaît et bien sûr où ça lui plaît.

    Même si certaines prises de conscience essaient de faire réagir de manière constructive et auto-critique, il est désormais très compliqué ne fusse que de discuter de possibles alternatives ou accompagnements de l’option du tout chimique, tellement le sujet pro ou anti-vaccin aura élargi les fossés déjà existants. Le « complotisme » étant devenu le réceptacle de tous nos renoncements collectifs, c’est pourtant cette catégorie qui englobera toute tentative d’argumentation contraire au dogme libéral qui nous a été imposé pendant cette gestion de crise.

    Quid d’une remise en question individuelle et collective dans la construction de cette énième crise capitaliste, qui a peut-être trouvé ses origines dans une crise sanitaire aux conséquences lourdes et tragiques à de nombreux niveaux, et pas uniquement en termes de décès comptables, mais qui de par ses choix politiques de sortie de crise aura généré des changements sociaux très importants…de mémoire, je ne peux me remémorer crise politique et sociale ou autant de lignes auront bougé en aussi peu de temps. Et aujourd’hui je considère cette gestion de crise comme la plus sévère et violente reprise en main du système par la droite et ses extrêmes, depuis longtemps en temps de paix. J’en étais même venu à utiliser le terme de « darwinisme social » concernant cette gestion de crise, qui aura vu émerger de nouveaux milliardaires d’un côté et aura laissé un champ de ruines économique et social pour toutes les classes laborieuses et aura débarrassé le système de tous ceux qui coûtent trop et ne rapportent pas assez. Le vaccin ne nous aura je l’espère pas fait oublier les gilets jaunes….

    Mais ne parlons pas ici des gagnants de la crise, ces patrons charognards et futuro-compatibles, mais intéressons nous aux perdants, essayons de 

    comprendre qui a perdu et combien? Intéressons-nous à ceux est celles qui désormais vont plus souffrir qu’avant.

    Et comment ne pas commencer par tou.te.s ceux et celles que le bon peuple aura si chaleureusement et solidairement applaudi sur leurs balcons en début de crise? Comment ne pas triplement souligner l’incurie de nos dirigeants et l’absence de réelle volonté politique dans l’amélioration et le renforcement de notre système de santé, pourtant en partie responsable de l’ampleur qu’aura cliniquement pris cette crise! Est-ce que les salaires de ces combattant.e.s de première ligne ont été ou seront correctement revalorisés? Est-ce qu’il est prévu de renforcer des équipes soignantes exsangues et au bout du rouleau? Est-ce que les nombreux arrêts maladie et les interruptions ou fins de carrière dues à l’épuisement et au climat inhumain dans les hôpitaux sera rapidement pris en compte et les soutiens nécessaires mis en place? Quid de l’achat de matériel d’urgence pour ce type de pathologie? Quid de la levée de brevet immédiate et incontournable sur tous les vaccins? Quid de la nationalisation des secteurs stratégiques, dont la santé fait naturellement partie et plus uniquement comme entité d’ajustement budgétaire? Poser les questions est malheureusement déjà y répondre un peu…

    Et que dire du corps enseignant et de toutes les professions à caractère social? Les mêmes questions de revalorisation, d’engagement et d’accompagnement mieux adapté aux réalités sociales, dont les horreurs ont été rendues visibles à travers les affres d’une crise sanitaire qui aura surtout touché les plus pauvres, les plus fragiles. Comme la lèpre, la Co-vid aura agi comme une maladie de promiscuité, et donc de pauvreté absolue…et dont les conséquences sur le long terme sont aujourd’hui encore impossible à évaluer, la seule chose qu’on sait c’est que nous savons que les dégâts psychologiques et mentaux seront difficile à juguler, car trop nombreux et trop difficilement détectables. Ce qui n’enlèvera rien aux conséquences stricto sensu.

    Venons en à la CULTURE…Comment dire ce qu’on ne peut que pleurer? Le monde de la culture, ce dernier électron libre et seul levier individuel et collectif favorisant l’émancipation par le questionnement était déjà souffrant avant cette crise « sanitaire » et déjà pour grande partie sous perfusion contrôlée des deniers publics, aura été catapultée à l’âge de pierre (j’exagère un peu, mais à peine) en termes de financement et de liberté de création. Car financièrement exsangue dû aux fermetures absurdes et inutilement prolongées, parfois par bataillons de policiers interposés, le monde culturel sera désormais et pour longtemps très dépendant des pouvoirs politiques en place. Ce coup de force idéologique et politique, car il s’agit ici de choix éminemment politiques, nous rappelleront pour souvenir et pour information, que lorsque l’extrême droite et ses idées deviennent majoritaires, la culture se doit d’être aux ordres. Il ne suffit que d’ouvrir un manuel d’histoire ou de se promener dans les musées, comme le Prado de Madrid par exemple. La salle dédiée à la production artistique sous l’ère franquiste ressemble à du sous-Riefenstahl. Des commandes à la gloire de! Une culture aux ordres et uniquement destinée à enfumer le bon peuple. Après on a la lecture de l’échiquier politique qu’on peut. Mais pour moi l’extrême droite, par ses idées et par le rapport de force aujourd’hui existant, est au pouvoir en Belgique depuis deux mandatures et quelques mois sans mandature aucune!!!

    Pour conclure et pour en terminer avec une liste malheureusement non-exhaustive de changements profonds et durables « post Co-vid » comment faire pour ne pas parler du changement le plus profond, celui qui à lui seul aura probablement les conséquences les plus marquantes sur l’organisation de nos vies en société, comme privées: le passage trop rapide (car non négocié par les syndicats) au télé-travail de masse. De la modification nécessaire et obligée (forcée) du droit du travail, à la distanciation physique, en passant par l’impact énorme sur l’organisation de l’espace de vie et de sa vie privée et professionnelle et toutes les injustices que représentera ce changement pour les familles plus modestes et pauvres, dont les surfaces de vie et de travail entreront par force en conflit. Comment séparer vie privée et vie professionnelle, surtout dans le climat social ambiant, ou peur de perte de l’emploi résultera plus que certainement dans l’acceptation de corvées et de missions dépassant les heures officielles de bureau?

    Quid du clash de mode gestion entre privé et public, qui avec le passage massif au télé-travail aura opté pour l’organisation individuelle et libérale de notre travail, exit la culture de bureau et la solidarité entre collègues. Comme ça, en une crise « sanitaire », en claquant des doigts, la Co-vid a réalisé ce dont le patronat rêvait depuis des longues années…

    Si tous ces changements ne ressemblent pas à une reprise en main du système par la droite et ses extrêmes, cela en aura en tous les cas les conséquences…alors « syndrome de la cabane »? Un peu oui, mais beaucoup plus cette impression bizarre de ne plus posséder le bon mode d’emploi pour ce monde d’après et son insouciance retrouvée très momentanément…

    Et maintenant on s’attaquera à la classe moyenne, les autres ne lâcheront rien si on ne le leur reprend pas. Le système l’a compris et les algorithmes vont faire le nécessaire…et plus personne ne se sentira responsable de rien. Merci Pfizer et co!

  • EUROFOOT 2020 – Considérations diverses et réalités arméniennes

    Maintenant que plusieurs jours sont passés, que l’équipe italienne victorieuse a pu  profiter de son succès amplement mérité, qu’il devient urgent de pouvoir tirer quelques enseignements de plus de cet EUROFOOT 2020/21, au sujet duquel beaucoup a été dit et écrit…parfois même crié à pleins poumons!! J’aimerais y ajouter quelques mots tant sur le plan sportif, que sur le plan organisationnel et une fois n’est pas coutume, également sur le plan politique…et oui, car c’est lorsque l’UEFA et la FIFA décident de ne pas faire de politique, que le tout devient absolument politique, exposant 10.

    Sur le plan sportif non seulement l’équipe la plus « joueuse » et la mieux équilibrée a méritoirement gagné son tournoi. Comme victoire dans un grand tournoi ne revient pas forcément toujours à l’équipe la plus méritante, nous devrons encore être reconnaissants pendant longtemps à Roberto Mancini d’avoir réussi à ainsi métamorphoser le jeu d’équipe italien. Pas de grande star au tour de laquelle il faille articuler certaines tactiques, beaucoup moins de problèmes d’égo de joueurs à gérer et surtout fini le trust des équipes turinoises et milanaises sur le noyau dur de l’équipe. Les joueurs sont issus de clubs du nord, du sud, de l’est et de l’ouest du pays, et 25 joueurs sur 26 auront joué au moins une minute avant la fin de la phase de poules. Mancini a créé une nouvelle « italianité », au niveau de l’équipe de foot pour sûr et plus largement et symboliquement sur tout un pays! La vraie réussite de Mancini réside dans sa meilleure compréhension de la gestion d’un groupe. On avait sous les yeux une bande de potes prêts à s’arracher les yeux pour leurs frères d’armes sur le terrain, ce qui rentrait en gros contraste avec une équipe de France dont les soucis d’égos des joueurs auront été une des causes principales de leur échec! Mancini a su créer un groupe performant et bien équilibré ou la grande expérience des uns, encadrait la fraîcheur et l’explosivité de jeunes pépites et ce sont d’ailleurs deux des plus jeunes joueurs avec Donnarumma et Chiesa qui auront été décisifs à plusieurs reprises…

    Un deuxième élément que j’aimerais bien relever, aura été l’apport plus que positif de toutes ces « petites » équipes, plutôt toutes costaudes d’ailleurs, ou à défaut offensives et joueuses. Alors qu’avant cette augmentation de nations participantes j’étais assez réservé quant à l’implication d’équipes dont on pouvait craindre que les différences de niveau entre elles et les « grandes » nations du foot, ne leur réserve finalement que des postes d’accessit, une valeur d’ajustement comme une autre, pour utiliser un terme si cher au vocabulaire capitaliste…et bien que nenni! Elles ont mis le feu quand elles ont pu le faire et nous ont ainsi permis de vivre de bien belles émotions lors de matchs de poule. Du coup cela a fini de me convaincre que cette augmentation du nombre de participants permettra plus de spectacle, mais ne perdons pas de vue que nous parlons ici bien d’un championnat d’EUROPE des nations et on a parfois l’impression que la l’UEFA prépare le terrain à toute autre forme d’élargissement, bien plus politique et bien plus conséquent celui-là. Mais on reviendra sur les aspects « politiques » dans un instant…

    Le plus gros bémol au niveau sportif est définitivement le très, le trop gros nombre de blessures, de chocs violents (surtout à la tête) et de fautes dangereuses commises pendant ces trois semaines de tournoi. La majeure partie de ces situations sont à mettre sur le compte d’organismes déjà largement entamés après une saison « Co-vid » extrêmement intense et avec pour certains joueurs plus de 70 matchs officiels au compteur avant de commencer le tournoi. La plupart des joueurs sont arrivés à plat et pour certains déjà légèrement blessés pour commencer la préparation à l’Euro. Beaucoup, sinon la plupart n’auront après cet ultime effort de la saison à peine deux semaines de congé pour se détendre un peu et se ressourcer en famille, avant de devoir répondre présent en club. Les conséquences de la Co-vid sur les organismes et la psyché de joueurs certes professionnels, mais pas corvéables à l’infini, auront d’abord généré beaucoup de fautes et de chocs dus à la trop grande fatigue des organismes et aux retards de quelques demi secondes sur tel tacle ou tel intervention musclée. La tête interprète les gestes à réaliser, mais le corps ne répond pas comme il a l’habitude le faire…sauf qu’au plus haut niveau sportif mondial des chocs mal-maîtrisés et les organismes affaiblis font plus de dégâts et ça s’est vu à de trop nombreuses reprises je trouve!

    Il est dorénavant important et urgent de vérifier combien de joueurs ne pourront pas ou plus reprendre leur place dans leur club en début de saison prochaine. Pour certains l’impact de telles blessures pourrait avoir des conséquences désastreuses sur la suite de leurs carrières, si les organismes ne trouvent pas plus de repos à un certain moment donné. But the show must go on!

    Pour illustrer mes propos, rappelez-vous le grand nombre de chocs violents à la tête que certains joueurs ont subi, avec les traumas crâniens qui les sous-tendent! Perte de connaissance de 5 à 6 secondes pour B. Pavard, champion du monde. Le staff médical de l’équipe de France l’a tranquillement laissé reprendre sa place après une perte de connaissance!!! La première question qui vient est naturellement celle sur les protocoles médicaux d’urgence qui existent dans chaque sport de haut niveau et qui doivent être appliqués par tout le monde, pour la sauvegarde de la santé des joueurs. Visiblement, et même s’il existe sur papier, ce protocole n’est pas apparu comme contraignant. Le bon-sens médical aurait interdit à Pavard de rejouer. Il a rejoué! Allez les Bleus!

    Voilà ce que je trouvais intéressant de relever encore une fois et ce que je retiendrai aussi de cet EUROFOOT au niveau sportif.

    Penchons-nous un instant sur les aspects organisationnels, les villes hôtes ou comment tant de concurrence faussée, comment autant de Real-politik a pris le dessus dans un domaine qui s’est toujours auto-proclamé « apolitique », favorisant certains et défavorisant beaucoup d’autres…

    Après les deux dernières décisions de la FIFA et de l’UEFA lors de l’attribution des futurs pays organisateurs, qui a entre autre vu le QATAR remporter la course à l’investiture pour l’organisation de la coupe du monde 2022. Je rappelle pour mémoire que dû au climat désertique les matchs se joueront à des températures avoisinant les 30°, ce qui est formellement interdit par l’OMS, aucun organisme humain ne pouvant faire face à de telles chaleurs et jouer à son plus haut niveau, ces matchs auront lieu dans des stades climatisés pour garantir le confort des spectateurs et accessoirement faire un peu baisser la température sur le terrain aussi. Une telle ineptie écologique, à notre époque et non seulement scandaleux, mais devrait être interdite!!! Lorsqu’on rajoute à ça que les stades climatisés dans lesquels auront lieu les matchs auront été construits sur les cadavres de centaines d’ouvriers exploités et traités comme des esclaves modernes, on n’en demandera pas plus, stp!!

     (n.b. La Norvège est à ce jour la seule équipe dont les équipes masculines et féminines ont décidé de boycotter le tournoi et ont annulé leur participation, si jamais ils et elles devaient se qualifier! )

    Le choix d’organisation hybride dans plusieurs villes et pays participants pour l’organisation de cet EUROFOOT 2020 aura certes été dicté par les différences existant entre pays organisateurs au sujet des mesures sanitaires, imposés par la Co-vid, mais d’autres forces étaient clairement en jeu lors des choix d’attribution des villes organisatrices. On peut désormais affirmer sans ambages que la corruption au niveau de l’UEFA s’est institutionnalisé. Le pays (ou la ville) qui pèse et payera le plus remportera désormais la course, inutile d’évoquer l’égalité des chances entre participants, ni de concurrence non faussée. Jamais ces deux organisations avaient autant fait fi de l’éthique et du respect des règles dans un processus d’attribution généralement fort encadré, même si jamais transparent.

    Et aujourd’hui, après ce « taylor-made Championship » (but still lost) offert à l’équipe d’Angleterre, après avoir permis à deux dictateurs de se refaire une virginité d’image médiatique à coups de millions spoliés à leurs populations (Erdogan et Aliyev) et de permettre à un autre (de dictateurs) d’afficher son homophobie en mondovision et avec le soutien implicite de l’UEFA, car qui ne dit rien consent toujours, on est en droit de se poser la question du pourquoi et comment on en est arrivés là?!!

    Favoriser Londres, la Grande-Bretagne et surtout le marché le plus porteur en termes de partenariats et de retombées économiques est pour moi une simple question de calcul comptable. L’Angleterre et sa Premier League sont aujourd’hui les marchés qui rapportent le plus au football…enfin à ses dirigeants et partenaires commerciaux surtout. Créer le buzz au tour d’une équipe qui a du mal à gagner quoi que ce soit depuis l’abandon des poteaux carrés pour mieux activer le réseau télé et publicitaire anglais, pour mieux engranger les patates, beaucoup de patates, plus que dans n’importe lequel des autres pays ou villes candidates. Ça schlingue la muerte, mais correspond à l’évolution ultra-libérale du foot de plus en plus business. Ca vient avec le V.A.R.et le désir de plus en plus affiché de créer une super-league de super-riches…bref, rien de neuf sous le soleil capitaliste.

    Avec le choix de Bakou, l’UEFA s’est définitivement discréditée et pire encore, elle aura fait de la politique…Choisir une ville non-européenne comme ville hôte est déjà problématique à la base, mais choisir un pays et un président avec du sang frais sur les mains, soutenu pour le côté financement occulte par son collègue dictateur du pays voisin, avec tout autant de sang sur les mains que le premier devient carrément criminel et éternellement honteux. En effet, il faut quand même rappeler que Ilham Aliyev, président de l’Azerbaidjan, avec le soutien militaire et politique du président turc Erdogan vient d’achever une guerre d’agression et d’annexion contre l’Arménie. Ces deux hommes devraient se retrouver devant un tribunal international pour répondre de leurs lâches actes meurtriers, et au lieu de ça, les responsables de l’UEFA choisissent de permettre à ces deux salopards de se refaire une virginité d’image médiatique à coups de millions spoliés à leurs populations respectives et qui ont encore la trace du sang, le goût des cendres et le poids du crime sur leur dos!!! 

    Lors du match d’ouverture qui s’est déroulé à Bakou, je me suis presque étranglé à chaque fois que les réalisateur télé de l’UEFA faisait apparaître les couples Aliyev et Erdogan, sourire satisfait aux lèvres et faisant croire à tous les ignorants de la terre, cette fraternité entre peuples meurtriers, trop soulignée par une répétition de cadrages, montrant les présidents en dessous des drapeaux nationaux, des deux seules nations non-européennes…de cet EUROFOOT; 

    Je pense à mes frères et soeurs Arménien.ne.s et me dis qu’ils et elles n’ont jamais dû se sentir aussi publiquement lâchés et humiliés devant la face du monde. Leur souffrance et leurs deuils étant rangés tout en bas des considérations de nos nations avides de sport spectacle et incapables de réaliser que pour leur confort, d’autres sont aujourd’hui morts une deuxième fois, après ce lâchage public de l’Arménie! 

    Il est désormais clair qu’en offrant une tribune et un ravalement de façade médiatique à ces deux présidents prédateurs à coups de millions spoliés à leurs populations, l’UEFA a fait la politique du mieux offrant, se pinçant le nez à la signature des contrats et en enfonçant toute la communauté arménienne dans une solitude encore plus pesante qu’au sortir des combats il y a quatre mois…

    Quelle honte !!!