Catégorie : Politiques

  • Reprendre le contrôle démocratique sur nos vies face au coup d’État de la sphère techno-fasciste

    Nous vivons un moment de bascule historique.
    Le pouvoir ne s’exerce plus principalement par les institutions politiques visibles, mais par le contrôle des infrastructures qui rendent possible l’existence économique, sociale, cognitive et désormais biologique des êtres humains. Travailler, produire, communiquer, s’organiser, s’informer — et demain penser, apprendre, se soigner — dépendent de systèmes techniques privés échappant au contrôle démocratique.

    Cette évolution n’est ni accidentelle ni neutre. Elle correspond à une transformation profonde du capitalisme, dans laquelle les grandes puissances économiques ne cherchent plus seulement à influencer la démocratie, mais à s’en affranchir, voire à la remplacer par un ordre fondé sur la compatibilité technique plutôt que sur la souveraineté populaire.

    Nous refusons cette trajectoire.

    Le capitalisme de plateformes ne se contente plus d’organiser les échanges. Il tend à définir ce qui est viable, performant, acceptable — et demain ce qui est « évolué ». Les discours transhumanistes portés par certains acteurs centraux de la tech ne sont pas de simples visions futuristes : ils constituent une anthropologie politique compatible avec un pouvoir privatisé.

    Dans cette vision, l’être humain est perçu comme insuffisant, trop lent, trop conflictuel. La solution proposée n’est ni sociale ni politique, mais technologique : augmenter l’humain, l’interfacer, l’optimiser. Ce glissement est décisif. Il transforme une crise démocratique et sociale en problème d’ingénierie, et fait de l’adaptation individuelle au système une condition de survie.

    Nous affirmons que toute évolution humaine imposée par des intérêts privés est une régression politique et sociale.

    Le « coup d’État de la tech » ne prend pas la forme d’un putsch. Il est silencieux, progressif, souvent présenté comme inévitable. Il repose sur un fait central : ceux qui contrôlent les infrastructures numériques, économiques et cognitives contrôlent de facto les conditions de l’existence.

    Lorsque l’accès au travail, à la visibilité, à la communication — et demain à certaines capacités humaines — dépend de plateformes privées, la démocratie devient formelle. Le citoyen est remplacé par l’utilisateur. La loi par les conditions d’utilisation. Le débat politique par la mise à jour technique.

    Ce pouvoir est d’autant plus dangereux qu’il se présente comme rationnel, neutre, scientifique. En réalité, il organise une nouvelle forme de domination de classe, fondée sur l’exclusion silencieuse et l’obsolescence programmée des êtres humains non conformes.

    Face à un capitalisme globalisé, aucune lutte isolée ne peut triompher.
    Les travailleurs précarisés, les peuples privés de souveraineté économique, les indépendants dépendants des plateformes, les citoyens exclus des choix technologiques subissent un même système sous des formes différentes.

    La convergence des luttes n’est pas une option morale, mais une nécessité stratégique.
    L’internationalisme n’est pas un idéal abstrait, mais la seule réponse possible à un pouvoir qui s’exerce à l’échelle mondiale.

    Ce mouvement se construit sur l’unité des exploités et des dominés, par-delà les frontières, les statuts et les divisions organisées par le capital.

    Nous affirmons une ligne claire et non négociable :

    aucune démocratie n’est possible lorsque les conditions matérielles, technologiques et biologiques de l’existence sont confisquées par une minorité.

    Nous refusons un avenir où l’humanité serait divisée entre augmentés et obsolètes, compatibles et superflus.
    Nous voulons une démocratie capable de décider collectivement de son avenir technologique, économique et humain.

    Il s’agit d’une nécessité historique, une nécessité pour la survie de l’être humain tel que nous l’avons toujours connu.
    Il grandira par la convergence des luttes, l’internationalisme et la reprise collective du réel.

  • Le coup d’État de la tech : quand l’économie rend la démocratie optionnelle

    La démocratie américaine a souvent été présentée comme un modèle stable et durable. Pourtant, son histoire montre qu’elle a toujours coexisté avec de fortes concentrations de pouvoir économique, régulièrement perçues comme une menace pour l’équilibre démocratique. À plusieurs reprises, lorsque l’influence des grandes fortunes devenait trop visible ou trop déstabilisante, des réformes ont été mises en place pour tenter de rééquilibrer le jeu. Ces moments n’ont jamais été définitifs : les garde-fous ont toujours fini par être affaiblis ou contournés.

    Ce qui distingue la période actuelle des précédentes, c’est que le pouvoir économique ne cherche plus seulement à influencer la démocratie. Il se place désormais en situation de pouvoir s’en passer.

    Les grandes entreprises technologiques ont progressivement construit des infrastructures devenues incontournables. Travailler, vendre, communiquer, s’informer ou se financer passe aujourd’hui, presque systématiquement, par des plateformes privées. Cette dépendance n’est pas un effet secondaire du progrès technologique : elle est le cœur du modèle économique.

    Nous assistons ainsi à un basculement silencieux. Le pouvoir ne repose plus seulement sur la richesse ou le lobbying, mais sur la capacité à décider qui est visible, accessible, monétisable. Être exclu d’une plateforme dominante ne signifie plus seulement perdre un service : cela peut signifier disparaître économiquement. Cette capacité d’invisibilisation confère aux acteurs technologiques un pouvoir sans précédent, exercé hors de tout cadre démocratique.

    Ce pouvoir n’a pas besoin de s’afficher comme politique. Il s’exerce à travers des règles privées, des algorithmes opaques et des décisions unilatérales, sans contrôle public effectif. La contrainte n’est plus imposée par la loi ou la police, mais par la dépendance économique. Dans ce contexte, la démocratie devient fragile non parce qu’elle serait attaquée frontalement, mais parce qu’elle devient progressivement inefficace.

    Le risque est celui d’un autoritarisme discret, sans coup d’État ni suspension officielle des libertés, mais dans lequel les décisions structurantes échappent durablement au débat collectif. Les élections subsistent, mais leur capacité à transformer réellement les rapports de pouvoir s’amenuise.

    Face à cette évolution, les réponses purement morales ou institutionnelles sont insuffisantes. Le cœur du problème réside dans le contrôle des infrastructures qui organisent la vie économique et sociale. Tant que celles-ci restent concentrées entre les mains d’acteurs privés capables d’imposer leurs propres règles, la démocratie demeure vulnérable.

    La question n’est donc pas seulement de défendre des principes abstraits, mais de réfléchir concrètement aux moyens de redonner un contrôle collectif sur les structures essentielles du monde numérique et économique. Sans cette reprise de maîtrise, la démocratie risque de survivre formellement, tout en cessant d’être un véritable lieu de décision.

  • Le Moyen-Orient, du nouvel ordre mondial à l’ordre du chaos : De Koweït city à Gaza city, des doctrines Bush à la crise palestinienne actuelle

    “L’histoire de toutes les sociétés jusqu’à nos jours est l’histoire de la lutte des classes.”– Karl Marx

    À la fin de la guerre froide, les États-Unis s’imposent comme la seule superpuissance mondiale. Sous les présidences de George H. W. Bush et George W. Bush, la politique étrangère américaine va remodeler le Moyen-Orient, non pas au nom de la paix ou de la démocratie, mais au service des intérêts du capitalisme mondial et de sa reproduction impérialiste.

    Le « Nouvel ordre mondial » annoncé par Bush père en 1991 masquait une réalité plus brutale : la soumission du Moyen-Orient à l’économie de marché globalisée et la sécurisation des ressources énergétiques. La première guerre du Golfe a inauguré une nouvelle ère d’interventionnisme où les armes et le pétrole deviennent les leviers d’un capitalisme militarisé.

    Après le 11 septembre 2001, le fils, George W. Bush, fait de la « guerre contre le terrorisme » un projet civilisationnel. L’invasion de l’Irak (2003) incarne ce moment où la destruction d’un État devient un moyen de privatiser ses ressources et d’imposer un modèle économique néolibéral. Le chaos engendré n’est pas accidentel : il est le produit recherché d’une domination durable. Israël, soutenu par Washington, agit comme le relais militaire et technologique de ce système. La colonisation de la Palestine, la construction du mur de séparation et les blocus sur Gaza ne relèvent pas de la sécurité, mais de l’ingénierie coloniale. La Palestine devient un laboratoire de contrôle social et territorial au service du capitalisme global.

    Les guerres du Golfe, d’Irak et d’Afghanistan, puis les printemps arabes dévoyés, ont révélé la faillite d’un modèle impérialiste qui ne peut survivre qu’en reproduisant la guerre. La militarisation du capital devient le cœur du système mondial, alimentant les marchés d’armement et la dette, tout en détruisant les sociétés.

    La paix au Moyen-Orient ne naîtra pas des équilibres diplomatiques, mais d’une transformation radicale des rapports économiques et politiques : souveraineté populaire, justice sociale et solidarité internationale. Le chaos impérial n’est pas une fatalité : il peut devenir le point de départ d’une refondation émancipatrice.

    Trente-cinq ans après la première guerre du Golfe, le projet impérial américain s’essouffle. L’ordre unipolaire né en 1991 n’a produit ni stabilité ni prospérité pour les peuples du Sud, mais une succession de guerres, d’embargos et de reconstructions profitables au capital transnational. Le chaos moyen-oriental n’est pas une erreur de trajectoire : il est la manifestation d’un modèle d’accumulation fondé sur la destruction, où la guerre devient un rouage économique permanent.

    Cependant, l’hégémonie du dollar et du complexe militaro-industriel américain est désormais contestée : l’émergence du pôle eurasiatique — Chine, Russie, Iran, Inde, et le monde arabe reconfiguré — rebat les cartes. Mais ce basculement n’implique pas encore l’émancipation : il ouvre une phase multipolaire instable, où de nouveaux impérialismes cherchent à s’imposer sans rompre avec la logique du profit.

    Face à la guerre et au génocide à Gaza, la Chine adopte une posture de non-intervention et de condamnation rhétorique, sans action concrète. Ce refus d’agir militairement ou diplomatiquement traduit une stratégie de neutralité intéressée, fondée sur la préservation de ses marchés énergétiques et de ses alliances commerciales, plutôt que sur une solidarité internationale réelle.

    Ce comportement révèle une contradiction du capitalisme d’État chinois : d’un côté, Pékin se présente comme adversaire de l’impérialisme occidental ; de l’autre, il bénéficie du statu quo mondial qui lui permet d’acheter du pétrole bon marché et de consolider sa place dans les institutions globales. La Chine ne cherche pas à détruire l’ordre impérial, mais à en hériter pacifiquement.

    Ce non-interventionnisme s’inscrit dans une stratégie plus large : la préparation d’une révision négociée du statut de Taiwan. Plutôt qu’une confrontation militaire frontale, la Chine semble miser sur une érosion progressive de l’influence américaine en Asie, profitant des divisions internes du bloc atlantiste. Le dossier taïwanais pourrait devenir l’illustration d’un impérialisme rationalisé, où la domination ne passe plus par la guerre ouverte, mais par la pression économique et technologique. Le danger n’est pas l’affrontement, mais la normalisation d’une hégémonie douce, fondée sur la dépendance et la surveillance.

    La transition multipolaire actuelle ne garantit pas l’émancipation des peuples. Les BRICS, malgré leur discours anti-occidental, reproduisent pour l’instant les structures du capital : compétition, extractivisme, croissance infinie, répression sociale. Sans internationalisation  des luttes populaires — palestiniennes, ouvrières, féministes, écologiques —,  le monde risque simplement de passer d’un impérialisme américain à un concert d’impérialismes concurrents.

    L’avenir du Moyen-Orient, de la Palestine, mais aussi de l’Asie et de l’Afrique, dépendra de la capacité des peuples à imposer une solidarité de classe mondiale contre toutes les formes de domination, qu’elles soient américaines, chinoises ou régionales.

    Le XXI siècle ne sera pas celui de la paix entre puissances, mais celui de la lutte pour la libération humaine face à tous les empires.

  • Le complexe militaro-industriel: quand la guerre devient une nécessité du capital

    Dans son discours d’adieu de 1961, Dwight D. Eisenhower alertait ses concitoyens contre l’ascension du complexe militaro-industriel. Son message est souvent cité comme un rappel à la vigilance démocratique. Pourtant, plus de soixante ans plus tard, il mérite d’être lu autrement : comme le diagnostic précoce d’un système économique et politique qui allait progressivement faire de la guerre — ou de sa préparation permanente — un élément central de sa stabilité.

    Le complexe militaro-industriel n’est plus aujourd’hui un simple outil de défense. Il constitue un secteur économique à part entière, profondément intégré à la croissance américaine. Budgets militaires colossaux, contrats publics garantis sur plusieurs années, réseaux industriels étendus, millions d’emplois directs et indirects : une part significative de l’économie dépend désormais de la vitalité de ce secteur.

    Dans ce contexte, la question n’est plus seulement stratégique ou sécuritaire. Elle devient économique. La croissance, l’emploi et parfois même la stabilité sociale de certaines régions sont étroitement liés à la continuité — voire à l’augmentation — des dépenses militaires.

    Cette dépendance produit une conséquence rarement formulée explicitement : une paix durable peut devenir économiquement déstabilisante. Elle réduit les budgets, ralentit la production, fragilise des filières entières et met sous tension des territoires dont l’activité repose sur l’industrie de défense.

    À l’inverse, les crises internationales, les tensions géopolitiques et les interventions extérieures agissent comme des stimulateurs économiques indirects. Elles justifient des investissements massifs, activent des chaînes industrielles complètes et consolident le poids politique des acteurs liés à la défense.

    L’opération américaine controversée visant le président vénézuélien Nicolás Maduro illustre ce mécanisme. Au-delà des justifications officielles — sécurité, stabilité régionale, défense de la démocratie —, l’intervention s’inscrit dans un cadre où l’usage de la force devient une réponse fonctionnelle, compatible avec les intérêts économiques dominants.

    Il ne s’agit pas nécessairement d’une volonté consciente de « faire la guerre pour faire la guerre ». Le danger est plus subtil. Lorsqu’un système économique s’organise autour d’un secteur dont la prospérité dépend de la conflictualité, il tend à reproduire les conditions qui rendent ce secteur indispensable.

    La menace devient permanente, l’ennemi change de visage, la tension ne retombe jamais complètement. La guerre cesse d’être une exception tragique pour devenir une variable de gestion, un horizon implicite permettant de maintenir la dynamique économique.

    C’est ici que l’avertissement d’Eisenhower prend toute sa portée. Le problème n’est pas seulement moral ou juridique. Il est démocratique. Lorsque des choix de politique étrangère sont étroitement liés à des impératifs économiques majeurs, le débat public se trouve biaisé. Certaines options — désescalade, retrait, réduction drastique des budgets militaires — deviennent politiquement coûteuses, voire impensables.

    La démocratie continue d’exister formellement, mais ses marges de manœuvre se réduisent. Les décisions majeures sont prises dans un cadre où la priorité n’est plus seulement la sécurité ou la paix, mais la préservation d’un équilibre économique devenu dépendant de la militarisation.

    Le complexe militaro-industriel n’a pas simplement « pris trop de place ». Il est devenu un élément structurel du modèle américain contemporain. Tant que la croissance, l’emploi et la stabilité économique resteront liés à la préparation ou à l’usage de la force, la tentation de la confrontation restera forte — indépendamment des discours officiels.

    La question posée par Eisenhower demeure donc entière, mais elle doit aujourd’hui être formulée plus crûment :
    Peut-on durablement défendre la paix lorsque la prospérité dépend, même indirectement, de la guerre ? 

    Poser la question est déjà y répondre un peu (beaucoup)!

  • Crise sanitaire et futur parcellaire

    A tou.te.s ce.ux.lles qui possèdent toujours la capacité de refoulement nécessaire, les empêchant probablement de réfléchir, et pour le coup, de réagir avec l’égoïsme primaire de tou.te.s ce.ux.lles qui n’ont rien dit et encore moins fait…

    Afin d’éviter l’écueil de la pensée unique visant à diviser pour encore mieux régner, évitons d’argumenter stérilement dans ce dialogue de sourds qui s’est installé, car pour comprendre la gestion politique de cette crise sanitaire, chaotique en surface et très bien ordonnée dans sa partie immergée, il est important, voire urgent de poser la question « A qui profite le crime ?! ». Point d’idéologie à ce stade, rien que des faits et les tendances qui résultent de ces faits et générant de nouvelles exceptions qui risquent bien de devenir les nouvelles normes…

    Afin de saisir l’ampleur et la violence des conséquences de cette énième crise capitaliste, reportons nous à deux ans avant la pandémie. Point de gouvernement, mais un patronat et une extrême-droite  faiseu.r.se.s  de roi et reine, une « opposition » socio-démocrate servant d’idiot utile et accompagnant servilement le désastre annoncé…On nous sert de la crise économique, écologique, financière à toutes les sauces et les gilets jaunes commencent à peser sur les inconsciences les plus affutées…du coup presque tous les Etats ont choisi d’avoir recours à la force et glissent de plus en plus vers un parlementarisme autoritaire! Les attaques concertées du patronat et des gouvernants contre tous les acquis sociaux risquant de freiner la marche victorieuse d’un capitalisme moribond, vers ce qui devrait devenir la « (Toute) Nouvelle Economie », celle sans pétrole.

    Il s’agit bien ici d’une contre-révolution bourgeoise (encore une) ayant pour objectif l’affaiblissement du corps politique et social, afin de se prémunir des aléas d’une transition économico-écologique qui s’annonce dure et violente.

    La gestion capitaliste et ultra-libérale de cette crise « sanitaire » a démontré avec quelle facilité hallucinante des masses apeurées sont prêtes à sacrifier sur l’hôtel de leurs égoïsmes et lâchetés les quelques protections collectives et individuelles que ce système leur offre encore. Sans ces réactions conciliantes des populations, point d’avancées pour les possédants…et pourtant!

    Il aura suffit d’un peu plus d’un an de confusion, de fatigue et de peur pour modifier nos habitudes de consommation, et pas pour un mieux malheureusement! De pute à cliques à consommateur à claques il n’y avait qu’un pas à franchir et la Co-Vid l’a fait! Un an de confinements de masse sorti tout droit du Moyen-Age auront transformé Bezos en héraut du commerce, le plaçant tout en haut de la chaîne alimentaire et consacrant les GAFA comme les insurmontables éléments d’une nouvelle croissance économique, les héros de l’économie du futur. Merci qui? Merci à tous nos gouvernants, aux laquais et fidèles serviteurs de leurs maîtres de possédants, qui à travers le choix de longues périodes de confinement et d’incertitude, mêlées à une confusion feinte, mais assumée dans leurs choix de distanciation physique, n’auront privilégié et permis une continuité de fonctionnement que pour les secteurs privés, les grands groupes industriels et commerciaux, affaiblissant massivement le secteur informel, culturel et social. Avec des relents de darwinisme social fascistoïde et brutal les décisions prises par nos gouvernants apparaissent de plus en plus pour ce qu’ils sont en réalité: l’imposition de choix politiques favorisant encore plus les riches et prétendant poser les rails vers une économie faite de Gafa, Pharma et manipulation de masses…

    Pour qui « l’ubérisation » de la société n’était qu’un trait d’esprit grognon et islamo-gauchiste sera puni et devra recopier 100 fois: Je savais, mais par égoïsme je n’ai rien fait! »

  • Ce qui a changé!?

    Ce qui a changé!?

    C’est lorsque mon ami Manu m’a dit que le fait que j’aie du mal à retrouver l’envie de vie sociale, au moment où la majeure partie de mes ami.e.s et camarades fêtaient une légèreté retrouvée, venait d’une période de confinement trop longue et que je souffrais probablement du « syndrome de la cabane », c’est-à-dire que je faisais partie de ceux et celles qui vont avoir besoin de temps avent de se réadapter à cette vie d’avant, sociale et sans distanciation d’aucune sorte…Peut-être?

    En tous les cas pour ma part je réalise que certaines choses avaient durablement changé entre la période « avant Co-vid » et le momentum du « vaccin triomphant » que nous vivons actuellement…

    Depuis le début du « déconfinement progressif », l’arrivée du beau temps et des hormones vivifiantes, depuis ce « retour à la normale », j’ai beaucoup de mal à me réconcilier avec l’insouciance générale et un retour dans une société qui semble avoir perdu de vue que les fractures et clivages déjà importants et poussés dans leurs extrêmes par une génération de dirigeants tel que Orban, Trump et autres Bolsonaro, Macron, Johnson (qui depuis plus d’une décennie sont occupés à détricoter les derniers fils du lien social, en s’attaquant de front à la plupart des acquis de la gauche), sont aujourd’hui encore plus béants. 

    La gauche qui peine à se redéfinir comme alternative politique réaliste et durable et dont la faiblesse fait partie intégrante du scénario qui vient juste de se dérouler sous nos yeux ébahis et tellement insouciants, n’aura à aucun moment pu peser sur les orientations plus que droitières et plus que libérales que cette gestion de crise sanitaire nous aura imposé.

    Des millions de réponses individuelles n’ayant jamais réussi à constituer une réponse à un problème résolument collectif, l’option vaccination de masse n’ échappera point à cette réalité pourtant assez facilement compréhensible à mon sens. La vaccination aura au moins permis de juguler la crise « clinique » et à faire baisser le baromètres de l’angoisse et les thermomètres des personnels hospitaliers, il ne manquerait plus que pour 1.7 milliards d’euros la camisole chimique ne ramène pas un peu de sérénité dans nos envies de consommer et vivre « comme avant »…Car du monde d’avant, il apparaît clairement que nous avons tou.te.s surtout repris les anciennes mauvaises habitudes de consommation. Les avions remplis et toutes les destinations exotiques, accessibles à moins de 300 euros, les tongs aux pieds et le sourire du riche, soulagé et vacciné, comme preuve de son soulagement et de sa capacité de faire comme il lui plaît, quand ça lui plaît et bien sûr où ça lui plaît.

    Même si certaines prises de conscience essaient de faire réagir de manière constructive et auto-critique, il est désormais très compliqué ne fusse que de discuter de possibles alternatives ou accompagnements de l’option du tout chimique, tellement le sujet pro ou anti-vaccin aura élargi les fossés déjà existants. Le « complotisme » étant devenu le réceptacle de tous nos renoncements collectifs, c’est pourtant cette catégorie qui englobera toute tentative d’argumentation contraire au dogme libéral qui nous a été imposé pendant cette gestion de crise.

    Quid d’une remise en question individuelle et collective dans la construction de cette énième crise capitaliste, qui a peut-être trouvé ses origines dans une crise sanitaire aux conséquences lourdes et tragiques à de nombreux niveaux, et pas uniquement en termes de décès comptables, mais qui de par ses choix politiques de sortie de crise aura généré des changements sociaux très importants…de mémoire, je ne peux me remémorer crise politique et sociale ou autant de lignes auront bougé en aussi peu de temps. Et aujourd’hui je considère cette gestion de crise comme la plus sévère et violente reprise en main du système par la droite et ses extrêmes, depuis longtemps en temps de paix. J’en étais même venu à utiliser le terme de « darwinisme social » concernant cette gestion de crise, qui aura vu émerger de nouveaux milliardaires d’un côté et aura laissé un champ de ruines économique et social pour toutes les classes laborieuses et aura débarrassé le système de tous ceux qui coûtent trop et ne rapportent pas assez. Le vaccin ne nous aura je l’espère pas fait oublier les gilets jaunes….

    Mais ne parlons pas ici des gagnants de la crise, ces patrons charognards et futuro-compatibles, mais intéressons nous aux perdants, essayons de 

    comprendre qui a perdu et combien? Intéressons-nous à ceux est celles qui désormais vont plus souffrir qu’avant.

    Et comment ne pas commencer par tou.te.s ceux et celles que le bon peuple aura si chaleureusement et solidairement applaudi sur leurs balcons en début de crise? Comment ne pas triplement souligner l’incurie de nos dirigeants et l’absence de réelle volonté politique dans l’amélioration et le renforcement de notre système de santé, pourtant en partie responsable de l’ampleur qu’aura cliniquement pris cette crise! Est-ce que les salaires de ces combattant.e.s de première ligne ont été ou seront correctement revalorisés? Est-ce qu’il est prévu de renforcer des équipes soignantes exsangues et au bout du rouleau? Est-ce que les nombreux arrêts maladie et les interruptions ou fins de carrière dues à l’épuisement et au climat inhumain dans les hôpitaux sera rapidement pris en compte et les soutiens nécessaires mis en place? Quid de l’achat de matériel d’urgence pour ce type de pathologie? Quid de la levée de brevet immédiate et incontournable sur tous les vaccins? Quid de la nationalisation des secteurs stratégiques, dont la santé fait naturellement partie et plus uniquement comme entité d’ajustement budgétaire? Poser les questions est malheureusement déjà y répondre un peu…

    Et que dire du corps enseignant et de toutes les professions à caractère social? Les mêmes questions de revalorisation, d’engagement et d’accompagnement mieux adapté aux réalités sociales, dont les horreurs ont été rendues visibles à travers les affres d’une crise sanitaire qui aura surtout touché les plus pauvres, les plus fragiles. Comme la lèpre, la Co-vid aura agi comme une maladie de promiscuité, et donc de pauvreté absolue…et dont les conséquences sur le long terme sont aujourd’hui encore impossible à évaluer, la seule chose qu’on sait c’est que nous savons que les dégâts psychologiques et mentaux seront difficile à juguler, car trop nombreux et trop difficilement détectables. Ce qui n’enlèvera rien aux conséquences stricto sensu.

    Venons en à la CULTURE…Comment dire ce qu’on ne peut que pleurer? Le monde de la culture, ce dernier électron libre et seul levier individuel et collectif favorisant l’émancipation par le questionnement était déjà souffrant avant cette crise « sanitaire » et déjà pour grande partie sous perfusion contrôlée des deniers publics, aura été catapultée à l’âge de pierre (j’exagère un peu, mais à peine) en termes de financement et de liberté de création. Car financièrement exsangue dû aux fermetures absurdes et inutilement prolongées, parfois par bataillons de policiers interposés, le monde culturel sera désormais et pour longtemps très dépendant des pouvoirs politiques en place. Ce coup de force idéologique et politique, car il s’agit ici de choix éminemment politiques, nous rappelleront pour souvenir et pour information, que lorsque l’extrême droite et ses idées deviennent majoritaires, la culture se doit d’être aux ordres. Il ne suffit que d’ouvrir un manuel d’histoire ou de se promener dans les musées, comme le Prado de Madrid par exemple. La salle dédiée à la production artistique sous l’ère franquiste ressemble à du sous-Riefenstahl. Des commandes à la gloire de! Une culture aux ordres et uniquement destinée à enfumer le bon peuple. Après on a la lecture de l’échiquier politique qu’on peut. Mais pour moi l’extrême droite, par ses idées et par le rapport de force aujourd’hui existant, est au pouvoir en Belgique depuis deux mandatures et quelques mois sans mandature aucune!!!

    Pour conclure et pour en terminer avec une liste malheureusement non-exhaustive de changements profonds et durables « post Co-vid » comment faire pour ne pas parler du changement le plus profond, celui qui à lui seul aura probablement les conséquences les plus marquantes sur l’organisation de nos vies en société, comme privées: le passage trop rapide (car non négocié par les syndicats) au télé-travail de masse. De la modification nécessaire et obligée (forcée) du droit du travail, à la distanciation physique, en passant par l’impact énorme sur l’organisation de l’espace de vie et de sa vie privée et professionnelle et toutes les injustices que représentera ce changement pour les familles plus modestes et pauvres, dont les surfaces de vie et de travail entreront par force en conflit. Comment séparer vie privée et vie professionnelle, surtout dans le climat social ambiant, ou peur de perte de l’emploi résultera plus que certainement dans l’acceptation de corvées et de missions dépassant les heures officielles de bureau?

    Quid du clash de mode gestion entre privé et public, qui avec le passage massif au télé-travail aura opté pour l’organisation individuelle et libérale de notre travail, exit la culture de bureau et la solidarité entre collègues. Comme ça, en une crise « sanitaire », en claquant des doigts, la Co-vid a réalisé ce dont le patronat rêvait depuis des longues années…

    Si tous ces changements ne ressemblent pas à une reprise en main du système par la droite et ses extrêmes, cela en aura en tous les cas les conséquences…alors « syndrome de la cabane »? Un peu oui, mais beaucoup plus cette impression bizarre de ne plus posséder le bon mode d’emploi pour ce monde d’après et son insouciance retrouvée très momentanément…

    Et maintenant on s’attaquera à la classe moyenne, les autres ne lâcheront rien si on ne le leur reprend pas. Le système l’a compris et les algorithmes vont faire le nécessaire…et plus personne ne se sentira responsable de rien. Merci Pfizer et co!

  • EUROFOOT 2020 – Considérations diverses et réalités arméniennes

    Maintenant que plusieurs jours sont passés, que l’équipe italienne victorieuse a pu  profiter de son succès amplement mérité, qu’il devient urgent de pouvoir tirer quelques enseignements de plus de cet EUROFOOT 2020/21, au sujet duquel beaucoup a été dit et écrit…parfois même crié à pleins poumons!! J’aimerais y ajouter quelques mots tant sur le plan sportif, que sur le plan organisationnel et une fois n’est pas coutume, également sur le plan politique…et oui, car c’est lorsque l’UEFA et la FIFA décident de ne pas faire de politique, que le tout devient absolument politique, exposant 10.

    Sur le plan sportif non seulement l’équipe la plus « joueuse » et la mieux équilibrée a méritoirement gagné son tournoi. Comme victoire dans un grand tournoi ne revient pas forcément toujours à l’équipe la plus méritante, nous devrons encore être reconnaissants pendant longtemps à Roberto Mancini d’avoir réussi à ainsi métamorphoser le jeu d’équipe italien. Pas de grande star au tour de laquelle il faille articuler certaines tactiques, beaucoup moins de problèmes d’égo de joueurs à gérer et surtout fini le trust des équipes turinoises et milanaises sur le noyau dur de l’équipe. Les joueurs sont issus de clubs du nord, du sud, de l’est et de l’ouest du pays, et 25 joueurs sur 26 auront joué au moins une minute avant la fin de la phase de poules. Mancini a créé une nouvelle « italianité », au niveau de l’équipe de foot pour sûr et plus largement et symboliquement sur tout un pays! La vraie réussite de Mancini réside dans sa meilleure compréhension de la gestion d’un groupe. On avait sous les yeux une bande de potes prêts à s’arracher les yeux pour leurs frères d’armes sur le terrain, ce qui rentrait en gros contraste avec une équipe de France dont les soucis d’égos des joueurs auront été une des causes principales de leur échec! Mancini a su créer un groupe performant et bien équilibré ou la grande expérience des uns, encadrait la fraîcheur et l’explosivité de jeunes pépites et ce sont d’ailleurs deux des plus jeunes joueurs avec Donnarumma et Chiesa qui auront été décisifs à plusieurs reprises…

    Un deuxième élément que j’aimerais bien relever, aura été l’apport plus que positif de toutes ces « petites » équipes, plutôt toutes costaudes d’ailleurs, ou à défaut offensives et joueuses. Alors qu’avant cette augmentation de nations participantes j’étais assez réservé quant à l’implication d’équipes dont on pouvait craindre que les différences de niveau entre elles et les « grandes » nations du foot, ne leur réserve finalement que des postes d’accessit, une valeur d’ajustement comme une autre, pour utiliser un terme si cher au vocabulaire capitaliste…et bien que nenni! Elles ont mis le feu quand elles ont pu le faire et nous ont ainsi permis de vivre de bien belles émotions lors de matchs de poule. Du coup cela a fini de me convaincre que cette augmentation du nombre de participants permettra plus de spectacle, mais ne perdons pas de vue que nous parlons ici bien d’un championnat d’EUROPE des nations et on a parfois l’impression que la l’UEFA prépare le terrain à toute autre forme d’élargissement, bien plus politique et bien plus conséquent celui-là. Mais on reviendra sur les aspects « politiques » dans un instant…

    Le plus gros bémol au niveau sportif est définitivement le très, le trop gros nombre de blessures, de chocs violents (surtout à la tête) et de fautes dangereuses commises pendant ces trois semaines de tournoi. La majeure partie de ces situations sont à mettre sur le compte d’organismes déjà largement entamés après une saison « Co-vid » extrêmement intense et avec pour certains joueurs plus de 70 matchs officiels au compteur avant de commencer le tournoi. La plupart des joueurs sont arrivés à plat et pour certains déjà légèrement blessés pour commencer la préparation à l’Euro. Beaucoup, sinon la plupart n’auront après cet ultime effort de la saison à peine deux semaines de congé pour se détendre un peu et se ressourcer en famille, avant de devoir répondre présent en club. Les conséquences de la Co-vid sur les organismes et la psyché de joueurs certes professionnels, mais pas corvéables à l’infini, auront d’abord généré beaucoup de fautes et de chocs dus à la trop grande fatigue des organismes et aux retards de quelques demi secondes sur tel tacle ou tel intervention musclée. La tête interprète les gestes à réaliser, mais le corps ne répond pas comme il a l’habitude le faire…sauf qu’au plus haut niveau sportif mondial des chocs mal-maîtrisés et les organismes affaiblis font plus de dégâts et ça s’est vu à de trop nombreuses reprises je trouve!

    Il est dorénavant important et urgent de vérifier combien de joueurs ne pourront pas ou plus reprendre leur place dans leur club en début de saison prochaine. Pour certains l’impact de telles blessures pourrait avoir des conséquences désastreuses sur la suite de leurs carrières, si les organismes ne trouvent pas plus de repos à un certain moment donné. But the show must go on!

    Pour illustrer mes propos, rappelez-vous le grand nombre de chocs violents à la tête que certains joueurs ont subi, avec les traumas crâniens qui les sous-tendent! Perte de connaissance de 5 à 6 secondes pour B. Pavard, champion du monde. Le staff médical de l’équipe de France l’a tranquillement laissé reprendre sa place après une perte de connaissance!!! La première question qui vient est naturellement celle sur les protocoles médicaux d’urgence qui existent dans chaque sport de haut niveau et qui doivent être appliqués par tout le monde, pour la sauvegarde de la santé des joueurs. Visiblement, et même s’il existe sur papier, ce protocole n’est pas apparu comme contraignant. Le bon-sens médical aurait interdit à Pavard de rejouer. Il a rejoué! Allez les Bleus!

    Voilà ce que je trouvais intéressant de relever encore une fois et ce que je retiendrai aussi de cet EUROFOOT au niveau sportif.

    Penchons-nous un instant sur les aspects organisationnels, les villes hôtes ou comment tant de concurrence faussée, comment autant de Real-politik a pris le dessus dans un domaine qui s’est toujours auto-proclamé « apolitique », favorisant certains et défavorisant beaucoup d’autres…

    Après les deux dernières décisions de la FIFA et de l’UEFA lors de l’attribution des futurs pays organisateurs, qui a entre autre vu le QATAR remporter la course à l’investiture pour l’organisation de la coupe du monde 2022. Je rappelle pour mémoire que dû au climat désertique les matchs se joueront à des températures avoisinant les 30°, ce qui est formellement interdit par l’OMS, aucun organisme humain ne pouvant faire face à de telles chaleurs et jouer à son plus haut niveau, ces matchs auront lieu dans des stades climatisés pour garantir le confort des spectateurs et accessoirement faire un peu baisser la température sur le terrain aussi. Une telle ineptie écologique, à notre époque et non seulement scandaleux, mais devrait être interdite!!! Lorsqu’on rajoute à ça que les stades climatisés dans lesquels auront lieu les matchs auront été construits sur les cadavres de centaines d’ouvriers exploités et traités comme des esclaves modernes, on n’en demandera pas plus, stp!!

     (n.b. La Norvège est à ce jour la seule équipe dont les équipes masculines et féminines ont décidé de boycotter le tournoi et ont annulé leur participation, si jamais ils et elles devaient se qualifier! )

    Le choix d’organisation hybride dans plusieurs villes et pays participants pour l’organisation de cet EUROFOOT 2020 aura certes été dicté par les différences existant entre pays organisateurs au sujet des mesures sanitaires, imposés par la Co-vid, mais d’autres forces étaient clairement en jeu lors des choix d’attribution des villes organisatrices. On peut désormais affirmer sans ambages que la corruption au niveau de l’UEFA s’est institutionnalisé. Le pays (ou la ville) qui pèse et payera le plus remportera désormais la course, inutile d’évoquer l’égalité des chances entre participants, ni de concurrence non faussée. Jamais ces deux organisations avaient autant fait fi de l’éthique et du respect des règles dans un processus d’attribution généralement fort encadré, même si jamais transparent.

    Et aujourd’hui, après ce « taylor-made Championship » (but still lost) offert à l’équipe d’Angleterre, après avoir permis à deux dictateurs de se refaire une virginité d’image médiatique à coups de millions spoliés à leurs populations (Erdogan et Aliyev) et de permettre à un autre (de dictateurs) d’afficher son homophobie en mondovision et avec le soutien implicite de l’UEFA, car qui ne dit rien consent toujours, on est en droit de se poser la question du pourquoi et comment on en est arrivés là?!!

    Favoriser Londres, la Grande-Bretagne et surtout le marché le plus porteur en termes de partenariats et de retombées économiques est pour moi une simple question de calcul comptable. L’Angleterre et sa Premier League sont aujourd’hui les marchés qui rapportent le plus au football…enfin à ses dirigeants et partenaires commerciaux surtout. Créer le buzz au tour d’une équipe qui a du mal à gagner quoi que ce soit depuis l’abandon des poteaux carrés pour mieux activer le réseau télé et publicitaire anglais, pour mieux engranger les patates, beaucoup de patates, plus que dans n’importe lequel des autres pays ou villes candidates. Ça schlingue la muerte, mais correspond à l’évolution ultra-libérale du foot de plus en plus business. Ca vient avec le V.A.R.et le désir de plus en plus affiché de créer une super-league de super-riches…bref, rien de neuf sous le soleil capitaliste.

    Avec le choix de Bakou, l’UEFA s’est définitivement discréditée et pire encore, elle aura fait de la politique…Choisir une ville non-européenne comme ville hôte est déjà problématique à la base, mais choisir un pays et un président avec du sang frais sur les mains, soutenu pour le côté financement occulte par son collègue dictateur du pays voisin, avec tout autant de sang sur les mains que le premier devient carrément criminel et éternellement honteux. En effet, il faut quand même rappeler que Ilham Aliyev, président de l’Azerbaidjan, avec le soutien militaire et politique du président turc Erdogan vient d’achever une guerre d’agression et d’annexion contre l’Arménie. Ces deux hommes devraient se retrouver devant un tribunal international pour répondre de leurs lâches actes meurtriers, et au lieu de ça, les responsables de l’UEFA choisissent de permettre à ces deux salopards de se refaire une virginité d’image médiatique à coups de millions spoliés à leurs populations respectives et qui ont encore la trace du sang, le goût des cendres et le poids du crime sur leur dos!!! 

    Lors du match d’ouverture qui s’est déroulé à Bakou, je me suis presque étranglé à chaque fois que les réalisateur télé de l’UEFA faisait apparaître les couples Aliyev et Erdogan, sourire satisfait aux lèvres et faisant croire à tous les ignorants de la terre, cette fraternité entre peuples meurtriers, trop soulignée par une répétition de cadrages, montrant les présidents en dessous des drapeaux nationaux, des deux seules nations non-européennes…de cet EUROFOOT; 

    Je pense à mes frères et soeurs Arménien.ne.s et me dis qu’ils et elles n’ont jamais dû se sentir aussi publiquement lâchés et humiliés devant la face du monde. Leur souffrance et leurs deuils étant rangés tout en bas des considérations de nos nations avides de sport spectacle et incapables de réaliser que pour leur confort, d’autres sont aujourd’hui morts une deuxième fois, après ce lâchage public de l’Arménie! 

    Il est désormais clair qu’en offrant une tribune et un ravalement de façade médiatique à ces deux présidents prédateurs à coups de millions spoliés à leurs populations, l’UEFA a fait la politique du mieux offrant, se pinçant le nez à la signature des contrats et en enfonçant toute la communauté arménienne dans une solitude encore plus pesante qu’au sortir des combats il y a quatre mois…

    Quelle honte !!!